Biographie de Paul BLANC

Nous sommes redevables de ce qui suit à Madame REQUINE
qui a fait ressurgir de l'oubli cet artiste partiellement vinonnais
et nous l'en remercions.
 

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extrait du livre de Jean MARZET

1836
Naissance de Paul Blanc le 22 septembre 1836 à La Verdière - département du Var -.
Il est le fils de Paul Emile BLANC, 34 ans, domicilié à La Verdière,
et Marie Anne Adélaïde, 30 ans. son épouse.
Son grand-père, son père et ses deux frères sont notaires.
Dès l'enfance, il a du mal à se plier aux disciplines scolaires.
Il est placé dans différents séminaires où son indiscipline devait être sanctionnée.

1850
Il est au très austère séminaire d'Aix-en Provence, tenu par les "frères gris",
lorsqu'il s'arrête un jour, au cours d'une promenade, devant la vitrine d'un libraire
pour contempler une lithographie du dessinateur GAVARNI - sa première gravure ! -.

1852
Il est élève au petit séminaire de Saint Joseph, tenu par des prêtres du diocèse de Fréjus, jusqu'au mois d'août, où il retourne à La Verdière.

1854
C'est l'époque où le choléra asiatique s'étend sur le midi de la France.
Le jeune Paul se passionne pour un sport : la lutte libre moderne
qu'il pratiquera tout au long de sa vie d'adulte,
et qui lui sauvera, bien souvent la mise.
En octobre, pour obéir à sa famille, il est incorporé
dans les Chasseurs à cheval tenant garnison à Nantes.

1855
En fin d'année, il retourne à La Verdière où il étudie le dessin avec l'instituteur du village
qui décide son père à envoyer Paul à l'école des Beaux Arts de Paris.

1856
Son frère Casimir, habitant Paris, le reçoit.
Il fréquente les cours de l'école des Arts Décoratifs dirigée par BELLOC,
puis entre dans l'atelier de GLEYRE. Mais son travail est irrégulier.

1857
Il a alors 20 ans et habite maintenant dans les environs de Saint Sulpice.
Monsieur HESSE - élève de GROS - devient son premier véritable professeur de peinture.
L'atelier est rue Cassette. Paul y travaille, cette fois, sérieusement
Paul y copie les toiles de maîtres : Véronèse, Rembrandt et Andréa del Sarto
- artiste qui aura beaucoup d'influence sur le travail futur de Paul -.

1858 - 1866
Paul est toujours à Paris.
Il rend visite à son oncle Paul, installé à Paris, qui aime les artistes.
Cet oncle le présente à son ami MEISSONIER qui a un atelier à Poissy.
MEISSONIER s'interèsse à Paul, le loge. Cette période fut une des plus heureuses de Paul à Paris.
Puis MEISSONIER lui recommande l'atelie de son collègue d'Institut, GERÔME. Paul s'y inscrit.
Paul délaisse alors les pinceaux pour revenir au dessin. Il fait de rapides progrès dans cette discipline au point que l'on se dispute ses dessins.
L'exposition de fin d'année des Beaux Arts le met encore en valeur.
Il expose des dessins avec Henri REGNAULT, déjà connu,qui le félicite.
- de là naquit une solide amitié -.

1867
C'est l'année de la seconde exposition universelle mais aussi celle du départ de Paul de Paris.
Son père vient d'être accidenté gravement et Paul retourne à La Verdière.

1868
A La Verdière, le conflit père-fils et frères s'accentue.
Paul a maintenant 30 ans et son existence va prendre un nouveau tournant.
L'oncle Paul, depuis Paris, y veille : il fait entendre raison aux deux frères de Paul qui ont reçu, eux, 3.000 francs pour acheter une étude. Il estime que c'est le moment pour Paul de compléter sa formation en allant étudier en Italie et qu'il faut l'aider. Réticents d'abord, ils acceptent à la condition que ses études soient consacrées à des sujets religieux - sans doute de connivence avec le curé de La Verdière qui plaide pour l'embellissement de son église -

En juin 1868, Paul part pour la première fois en Italie, à Florence d'abord, puis à Rome,
où il espère retrouver son ami Henri REGNAULT, hôte de la Villa Médicis, mais celui-ci est absent.
Le pécule dont il disposait pour couvrir ses frais de voyage s'amenuisant, Paul s'exhibe dans un cirque comme lutteur afin de gagner l'argent nécessaire à son retour en France.

1869
Paul achève la décoration de son "son église" de La Verdière par la fresque "La mise au tombeau".
Grâce à son deuxième frère Théodore, notaire à Flassans,
Paul est sollicité pour la décoration de l'église de ce village.
Il effectue alors son deuxième voyage en Italie à Venise.
Il y découvre la toile du Tintoret "le crucifiement", entre autres oeuvres,
la recopie pour sa future décoration en l'église de Flassans

1874
Paul se consacre à la décoration de l'église de Flassans.

1873 - 1883
???? Il repart pour un troisème voyage en Italie, cette fois vers Naples.
Il y séjournera environ dix ans, en la parcourant de la Calabre au Piémont.
Il mena une vie d'aventures, poussant devant lui un charreton
sur lequel il transportait sa maison et son atelier.
Il étudie plus particulièrement Michel-Ange et Caravage.
Mais sa misère est grande et pour assurer sa subsistance, une fois encore,
il se fait engager dans des troupes de cirque comme lutteur.

1882
Il a la satisfaction de voir sa toile "L'aveugle et le paralytique" acceptée au Salon de Paris.

1884
Sa santé s'étant dégradée, il effectue un séjour à l'hopital de Marseille, à son retour en France.

1885-1887
C'est l'époque où il commence à travailler la technique des eaux-fortes.
Il rencontre à Toulon sa future épouse Rosalie MATHERE, âgée de 26 ans
alors que lui en a bientôt 50.
Le couple habite maintenant VINON.
Paul entame la peinture de "L'annonciation" dans la chapelle attenante au village,
près du cimetière, mais cette oeuvre est laissée à l'état d'ébauche à la suite d'un différend avec le maçon chargé d'apprêter le mur.


1888
Entretemps, la famille part habiter le village voisin de Gréoux-les-bains.
Paul soumet ses premières eaux-fortes à son ami LE HOUX qui le conseille.
Naissance le 17 novembre 1888 de son premier fils Pierre
- celui qui tiendra plus tard le Café du Commerce à Vinon -.
Paul et sa famille quittent Gréoux-les-bians pour aller habiter à Saint Julien-le-Montagnier.
Sa maison devient le refuge de ceux qui lui serviront de modèles : chemineaux et va nu pieds.

1889
Cette année là, lors de l'Exposition des Artistes Marseillais,
ses eaux-fortes sont l'objet d'articles élogieux.

1894
Paul effectue un voyage à Paris pour y étudier les oeuvres de grands maîtres de la gravure.

1895
Le 5 juin 1895 naissance de son second fils Valère
- futur directeur du Mandoline-club de Paris -.
1896
Décès de son ami LE HOUX - parrain de Pierre - qui l'affecte beaucoup.
LE HOUX légue à son filleul Pierre 1.200 francs de rente viagère et Paul en a l'usufruit
pour subvenir aux frais d'instruction de son fils Pierre.
Paul BLANC a maintenant 60 ans et on commence à s'intéresser à son travail :
CHINCHOLLE, un directeur du Figaro lui rend visite à Saint Julien-le-Montagnier
et fait connaître le nom de Paul BLANC dans sa revue hebdomadaire "L'Estampe"
destinée aux collectionneurs avertis.

1897
Madame REGNAL, chroniqueur de la mode au Figaro, s'intéresse aussi à lui
et le recommande à l'éditeur Fernand CLERGET.Celui-ci lui propose une présentation de ses oeuvres dans sa librairie à Paris. L'exposition est inaugurée le 1er janvier 1897 :
très bon accueil de la presse, mais accueil plutôt froid du public parisien des "Arts".
En avril 1897 Paul participe, une nouvelle fois, à l'Exposition des Artistes Marseillais :
échec des ventes. Paul BLANC se fait remarquer en accusant
"la préoccupation des artistes de sacrifier aux goûts frivoles d'une populaton de riches vaniteux". Seul, un journaliste, Monsieur CARPETTE, lui rend visite à Saint Julien.

1898
Paul envoie une série d'eaux-fortes et de dessins au Salon des Artistes Français à Paris.
Il y reçoit une mention "honorable" et commence à être connu des connaisseurs,
tel Félix BUHOT, graveur célèbre.

1900
En juin 1900, Paul quitte avec sa famille Saint Julien-le-Montagnier pour aller habiter Sessa Aurunca, petite ville italienne de 7.000 habitants, dans la province de Caserte.
Il y restera deux ans.

1902
La décès de sa mère au cours de l'été, le ramène en France.
Il se fixe d'abord dans le village des Mées - département des Basses-Alpes - en bordure de Durance. Puis il migre à Vinon-sur-Verdon - département du Var - où il achète une maison
au lieu dit "Le Colombier" dans le quartier du Hameau.


1906
Paul expose à la section d'Art Provençal de l'Exposition Coloniale de Marseille.

1907
Ses talents sont reconnus.
Les dernières années, il exposait encore à Marseille
- chez DELTRIEU, rue Paradis, et chez BOY, libraire, rue Grignan.-
La ville de Marseille lui achète 10 eaux-fortes pour le Musée Longchamp.

1910
Paul perd peu à peu la raison.
Il exprime le souhait de retourner à La Verdière dans la grande maison léguée par ses parents, mais l'affaire en reste là.
Sa famille se résoud à le faire transporter à l'hopital psychiatrique d'Aix-en-Provence
où il décèdera en juillet 1910 à l'âge de 74 ans.
Sa dépouille repose au cimetière de La Verdière dans le caveau familial de la famille BLANC.


 








 
 





























 

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