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Henri PARDIGON

RUE HENRI PARDIGON
1915 - 1944
assassiné par
la MILICE le 14 juin 1944
Cette plaque a été apposée sur le Cours à l’angle du bar « le Mistral » suite à la délibération du Conseil Municipal que voici:
CONSEIL MUNICIPAL DE VINON-SUR-VERDON
Objet de la délibération
Noms des rues et places publiques
Texte de la délibération
Séance du 15 novembre 1944
Présidence de M. Albert LEOPARDO
Présents à cette assemblée
Jean PAJANNACCI, MAURRAS Félix, PELLAS Désiré, PEYRACHE Julien, PAYAN Paul, COQUILLAT Paul, COMBE Gabriel, COULOMB Gabriel, CLEMENT Arthur, PHILIBERT Henri
M. le président demande à la délégation si, pour honorer les victimes du
14 Juin et laisser pour la population vinonnaise le souvenir vivace des
atrocités commises par la soldatesque allemande et par leurs tristes
domestiques les miliciens, il ne s'imposerait pas de donner le nom de
"André ARBAUD" à la place du cours et le nom de "Henri PARDIGON" à la rue
qui traverse le village et pour commémorer la délivrance du pays le
nom de "Avenue de la Libération" à la partie de la route du village au
Hameau passant sur le pont du Verdon.
L’ Assemblée, à l'unanimité, est de l'avis de M. le Président et demande à M.
le Préfet de vouloir bien approuver la présente délibération.
VINON le 20 Novembre 1944
Le Président
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Que s’était-il donc passé le 14 juin 1944 à VINON ?
Pourquoi un jeune homme de 27 ans a-t-il perdu la vie ce jour-là ?

Laissons le soin à Fortuné CHEILAN, maire de Vinon à l'époque, de le raconter dans ses « mémoires » : (1)
« Le 14 juin vers 7 heures du matin trois colonnes de l’armée allemande investirent l’agglomération pour découvrir le lieu où se cachaient les résistants.
Vers huit heures du matin ma demeure située en retrait de l’agglomération fût par surprise investie par un groupe d’individus habillés en bleu-de-chauffe, sacs tyroliens, mitraillettes anglaises.
Ils s’adressèrent à ma femme en lui disant, nous venons du maquis de
l’Argentière, nous sommes des maquisards. Voyant qu’il y a des Allemands partout, nous venons vous demander un peu de nourriture car nous avons faim, nous rejoindrons le maquis d’Aurabelle, commune de Gréoux.
Ma femme ayant pris confiance leur a donné à manger à boire et de l’argent de poche.
Mon fils aîné François se trouvait à proximité. Ma femme lui a dit : il y a des maquisards qui demandent d’être accompagnés au maquis d’Aurabelle, il s’est mis à leur disposition aussitôt. Et les voilà partis suivis de notre fille Andrée et de son frère René. Arrivés en bordure du lit du Verdon et cachés sous les grands peupliers, ils se mirent à manger les produits que ma femme leur avait donnés. Ils ordonnèrent à mes enfants Andrée et René de retourner à la maison.
Au moment où ils allaient se diriger dans la direction du domaine d’Aurabelle, en passant par le lit du Verdon, un camarade de mon fils Francois, Henri PARDIGON apparut ayant appris que le village était investi par les Allemands, il était venu se cacher sous les peupliers et buissons de toutes sortes qui bordent la rivière.
A la vue de son camarade François, il s’est approché, aussitôt un de ces individus lui a dit : tu n’es pas pour les boches ? Henri lui a répondu : ici, personne n’est pour les boches. Alors tu viens avec nous, nous accompagner. Les voilà partis. Deux cents mètres après l’individu qui suivait Henri, lui tira à bout portant une balle dans la nuque. Il fut tué sur le coup.
Mon fils François se rendant compte aussitôt qu’il était victime d’un traquenard, asséna un violent coup de poing à celui qui lui braquait un parabellum et fit dévier le coup, il sauta dans la rivière et à la nage, se trouva sur l’autre berge. Mais au cours de sa course éperdue il avait été blessé par balle à la base du pouce ....
Comme l’opération traquenard avait sans doute été préparée par avance, un groupe de soldats allemands l’ont encerclé….. »
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Pendant la période 1939-1945 la seule incursion de troupes allemandes dans Vinon occasionna la mort de deux vinonnais.
André ARBAUD et Henri PARDIGON
et ce furent des Français engagés dans la brigade "brandebourg" au service des allemands qui en furent les exécutants.
Henri PARDIGON, innocente victime de ces barbares, avait rendez-vous avec son destin ce 14 juin 1944 sur les bords du Verdon.
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